Gouvernance locale – Trois mois après son installation à la tête de la commune urbaine de Boké, le maire Bassékou Amirou Dramé affiche ses premières ambitions en matière de mobilisation des ressources locales. Invité chez nos confrères de LGF, l’édile a dressé un état des lieux de la gestion communale, marqué, selon lui, par la faiblesse des recettes, des arriérés de paiement du personnel et des insuffisances dans le suivi des contrats de location des biens communaux.
Dès sa prise de fonction, le maire affirme avoir engagé une série de consultations avec les services déconcentrés de l’État, notamment les administrations des impôts, des mines, de l’habitat, du commerce et du cadastre. Des rencontres ont également été organisées avec les services communaux, les administrateurs de marchés, les acteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que les ONG et les sociétés minières opérant dans la zone.
L’objectif, explique-t-il, était de mieux comprendre le fonctionnement de la collectivité et d’identifier les leviers susceptibles d’améliorer ses performances financières.
Une mobilisation accrue des recettes des marchés
Au cours de cet entretien, Bassékou Amirou Dramé a indiqué que les recettes issues des marchés communaux étaient particulièrement faibles au regard du potentiel économique de Boké.
Il cite notamment le marché de Kamsar, dont les recettes mensuelles seraient passées d’environ deux à trois millions de francs guinéens à près de dix millions. Le grand marché de Hangar, qui peinait auparavant à générer cinq millions par mois, atteindrait désormais environ trente millions de francs guinéens. Quant au marché de Tamakènè, ses recettes seraient passées d’environ quatre à cinq millions à près de neuf à dix millions.
Le maire affirme également qu’au cours des trois premiers mois de son administration, la commune a mobilisé 103 millions de francs guinéens de recettes propres provenant notamment des trois marchés et des hangars, sans compter les recettes partagées avec l’État.
Ces chiffres, présentés par l’édile, traduisent selon lui une amélioration du suivi des recettes et du contrôle des activités génératrices de revenus.
Des contrats de bail à régulariser
Autre chantier annoncé : la révision des contrats de location des boutiques et autres biens appartenant à la commune. Selon Bassékou Amirou Dramé, plusieurs contrats seraient arrivés à expiration sans renouvellement, tandis que certains occupants continueraient d’exploiter des espaces communaux sans disposer de documents administratifs régulièrement établis.
Le maire affirme avoir demandé aux occupants concernés de se présenter à la mairie afin de régulariser leur situation. Il évoque également des cas où des commerçants détiendraient plusieurs boutiques depuis de nombreuses années.
Pour l’équipe communale, la clarification de ces situations doit permettre de sécuriser le patrimoine public et d’améliorer les ressources financières de la collectivité.
La transparence comme ligne de conduite
Au-delà des recettes, le maire met en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi-évaluation, la transparence budgétaire et la redevabilité envers les citoyens. Il annonce notamment la mise en place d’un site internet dédié à la commune urbaine de Boké, afin de rendre publiques les informations relatives aux marchés, aux projets, aux programmes et aux recettes encaissées.
L’objectif affiché est de permettre aux citoyens de suivre plus facilement la gestion de leur collectivité.
Toutefois, la mobilisation des recettes ne constitue qu’une première étape. Dans une ville au cœur de l’activité minière guinéenne, les attentes portent également sur l’amélioration des services publics, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, les infrastructures sanitaires et scolaires ainsi que les retombées économiques de l’exploitation des ressources naturelles.
Pour Bassékou Amirou Dramé, l’enjeu est désormais de transformer le potentiel économique de Boké en ressources effectivement mobilisées au bénéfice de la population.
Source : entretien du maire Bassékou Amirou Dramé chez nos confrères de LGF.
#Boké #BassékouAmirouDramé #GouvernanceLocale #FinancesPubliques #Décentralisation #Guinée

