Paris, 11 octobre 2026 – La compagnie aérienne française Air France se retrouve au centre d’une polémique après avoir relayé une directive des autorités israéliennes imposant des restrictions liées à la nationalité des membres d’équipage affectés aux vols à destination d’Israël ou traversant son espace aérien.
Selon une enquête publiée par le média d’investigation Mediapart le 10 octobre 2026, une note interne adressée aux pilotes et aux personnels navigants commerciaux (PNC) fait état de nouvelles consignes du ministère israélien des Transports. Celles-ci viseraient les membres d’équipage possédant la nationalité, y compris en cas de double nationalité, d’un pays qui n’entretient pas de relations diplomatiques officielles avec Israël.
D’après les informations relayées par plusieurs médias, une trentaine de nationalités seraient concernées. Parmi les pays cités figurent notamment l’Algérie, la Tunisie, l’Iran, le Pakistan et Oman. La mesure pourrait ainsi toucher des salariés disposant également de la nationalité française.
Une mesure justifiée par des préoccupations sécuritaires
Cette directive intervient dans un contexte de renforcement des mesures de sécurité aérienne, à la suite d’un grave incident survenu le 30 septembre 2026 à bord d’un vol de la compagnie Flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv. Selon les informations rapportées par la presse, un copilote de nationalité omanaise aurait agressé le commandant de bord et tenté de prendre le contrôle de l’appareil. L’avion a finalement été dérouté vers l’Arabie saoudite.
Les autorités israéliennes ont, depuis, renforcé les exigences imposées aux compagnies aériennes étrangères concernant la nationalité des personnels navigants affectés aux vols entrant dans leur zone de responsabilité aérienne.
La double nationalité au cœur des interrogations
Au-delà des impératifs de sécurité invoqués, cette décision soulève des questions relatives à l’égalité de traitement des salariés et aux conséquences professionnelles de restrictions fondées sur la nationalité ou la double nationalité.
Pour les personnels concernés, ces dispositions pourraient limiter l’accès à certaines rotations internationales, indépendamment de leur expérience, de leurs qualifications ou de leur nationalité française complémentaire.
Air France affirme, selon les informations rapportées par la presse, être tenue de respecter les règles d’admission et les exigences réglementaires des pays qu’elle dessert. Toutefois, au 10 octobre 2026, l’Agence Anadolu indiquait que cette affaire n’avait fait l’objet d’aucune confirmation ni d’aucun démenti public de la compagnie.
Cette polémique remet ainsi au premier plan une question sensible pour le transport aérien international : comment concilier les exigences de sûreté des États, les obligations des compagnies aériennes et la protection des droits des salariés face aux restrictions fondées sur leur nationalité ?
Sources : Mediapart, i24NEWS, Agence Anadolu.
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