Au lendemain du drame poignant de Demoudoula, dans la commune de Ratoma, l’émotion légitime qui étreint la nation guinéenne ne saurait s’ériger en tribunal d’exception où la vérité historique et la rigueur des faits sont sacrifiées sur l’autel de la réactivité polémique. Les propos véhéments tenus par M. Kader Youmba Condé à l’encontre du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, Son Excellence Mohamed Lamine Sy Savané, appellent un recadrage fondamental. En ces heures de deuil, il convient de garder raison.
L’effondrement de cet immeuble R+9 en chantier est une tragédie absolue. Trois vies fauchées, des familles brisées, un paysage urbain meurtri. Face à ce chaos, l’État n’a pas fui. La présence immédiate sur les décombres du ministre Mohamed Lamine Sy Savané, flanqué du chef d’état-major de l’armée de terre, le Général Abdoulaye Keïta, et du directeur général de la Police nationale, le GénéralDjénaba Sory Camara, matérialise une prompte prise de responsabilité. Ce déploiement de crise n’est pas une mise en scène ; c’est l’expression d’une autorité publique mobilisée au chevet de ses citoyens.
L’anachronisme des accusations de Kader Youmba Condé se heurte pourtant à une réalité factuelle implacable : l’édifice de la tragédie n’a pas surgi de terre sous le magistère du président Mamadi Doumbouya. Établir cette chronologie ne relève pas de la défausse politique ou de l’anathème jeté sur le passé, mais d’une salubrité intellectuelle élémentaire. On ne peut imputer la fragilité de fondations anciennes à ceux qui s’efforcent aujourd’hui d’en assainir les règles.
Depuis l’avènement de la transition jusqu’à la cinquième République actuelle, le gouvernement a initié des réformes d’une audace rare dans le secteur de l’urbanisme. Les opérations de déguerpissement des emprises publiques et des lits de cours d’eau, bien que sévèrement critiquées hier, s’imposent aujourd’hui comme des mesures de salubrité publique et de prévention vitale contre le chaos anarchique.
Le verdict technique partagé par le ministre de l’Habitat est sans équivoque : « *Cet immeuble n’avait, techniquement, pas été autorisé conformément à la réglementation en vigueur.* » Cette déclaration n’est pas un aveu de faiblesse, mais un acte de transparence administrative qui ouvre la voie à un audit global des treize communes de Conakry.
La plume de la critique doit s’armer de vérité et non de colères opportunistes. Le respect des normes de construction est un combat collectif, et la posture de l’État dans cette crise démontre que la récréation est définitivement terminée.
Que Kader Youmba Condé se le tienne pour dit : l’invective ne saurait remplacer l’investigation, et l’opportunisme politique ne bâtira jamais des fondations solides pour notre pays. Prétendre fustiger l’action du ministre Mohamed Lamine Sy Savané alors que ce dernier affronte le désordre historique du secteur avec un courage managérial exemplaire, c’est faire preuve d’une cécité coupable. À l’heure où le gouvernement du président Doumbouya s’attelle à sauver des vies en faisant respecter la loi, la critique stérile devient complice du chaos. Le populisme a assez duré, place à la rigueur de l’État.
*Billy Keita citoyen en méditation mais passif.*

